Ils sont share à notre quotidien, et
dorénavant ils ont droit de cité dans le Petit Larousse. Le millésime 2014
adoube cette année une dizaine de mots issus des nouvelles technologies, dont
le Saint-Graal de Twitter : le « hashtag ». Autres expressions
fraîchement intronisées : « googliser », « googler »,
« post » ou « textoter ». Bon, pas de quoi se trémousser
sur la place publique en mode « flash-mob » ou générer un
« mème » — un concept détourné, parodié, qui se propage sur la toile.
Les pratiques 2.0 sont à l’honneur dans ce cru 2014.
Plutôt adepte du verlan, Alain Rey, linguiste,
lexicographe et rédacteur en chef du Petit Robert contacté par Libération,
reconnaît qu’il y a une envolée du champ lexical web : « “Geek” est
entré dans le langage courant et il est normal que des mots comme “googler” le
soit aussi.
La société évolue, il faut suivre le mouvement »,
souligne-t-il. Parmi les nouveaux termes, d’autres sont encore au stade de
laboratoire comme la « télévision
connectée » — Internet
intégré dans une télé. Selon Alain Rey, ces appellations ne sont que « la partie
émergée de l’iceberg ». Avant
d’ajouter :« Il y a une révolution qui va au-delà de la technique
informatique, c’est aussi une révolution des usages, des manières de
penser. »
Hashtag,
Mot-dièse et Astérix
Une révolution qui n’a pas enterrée la hache de guerre
entre l’anglais et le français. Le Larousse a opté pour « hashtag »
mais rappelle tout de même que c’est son pendant frenchy « mot-dièse » qui est
officiellement recommandé. Histoire de ne pas
froisser l’éminente Académie française. Pour Alain Rey, il faudrait carrément
utiliser « astérix », celui qui résiste à l’envahisseur. « C’est comme
les “followers” sur Twitter, c’est un terme problématique. Il y a bien
“suiveurs” mais la connotation est péjorative. Choisir le terme anglais relève
d’une paresse absolue. Plus personne ne dit “window” pour parler de
fenêtre ».
Faudrait-il organiser une « cyberdéfense »
de la langue française ? Carine Girac-Marinier, directrice du département
Dictionnaires et encyclopédies chez Larousse, explique à l’AFP que le français
est toujours privilégié :« Nous essayons d’éviter les anglicismes,
mais quand nous constatons un grand nombre d’occurrences et qu’il n’y a pas
d’équivalent en français, nous les acceptons ». Molière ou
Shakespeare, les nouvelles technologies et leurs adeptes s’en fichent. Seule la
tendance dicte sa loi.
Des twittos dans le dico
Avec plus d’un milliard d’usagers, Facebook est quant
à elle l’interface la plus polyglotte. Son fondateur, Mark Zuckerberg, vient
lui aussi de faire son entrée au Petit Larousse, rubrique noms propres. Soit
plus plus de huit ans après le lancement du réseau social. Le blogueur Erwann
Gaucher, spécialiste des médias, explique à Libération que les nouveaux
arrivants sont le reflet d’une prise de conscience 2.0 chez les faiseurs de
dictionnaires : « Ce
choix est intéressant. Mark Zuckerberg entre dans le dictionnaire en même temps
que le mot hashtag qui est pourtant beaucoup plus récent. Tout ce qui provient
de Twitter est plus rapidement accepté, en fin de compte. Ça signifie qu’il y a
une accélération des pratiques numériques et surtout qu’on reconnaît que ces
nouveaux usages sont inscrits dans notre quotidien. »
Et s’il y a du hashtag dans l’air, ce n’est pas pour
déplaire à Bernard Pivot, ex-présentateur de l’émission Apostrophes.
Son nom figure désormais dans les petits papiers du Larousse. Cet artisan des
mots, jongleur de vocable, chevalier d’éloquence a lui aussi succombé à la logorrhée du
tweet.
Ils sont share à notre quotidien, et
dorénavant ils ont droit de cité dans le Petit Larousse. Le millésime 2014
adoube cette année une dizaine de mots issus des nouvelles technologies, dont
le Saint-Graal de Twitter : le « hashtag ». Autres expressions
fraîchement intronisées : « googliser », « googler »,
« post » ou « textoter ». Bon, pas de quoi se trémousser
sur la place publique en mode « flash-mob » ou générer un
« mème » — un concept détourné, parodié, qui se propage sur la toile.
Les pratiques 2.0 sont à l’honneur dans ce cru 2014.
Plutôt adepte du verlan, Alain Rey, linguiste,
lexicographe et rédacteur en chef du Petit Robert contacté par Libération,
reconnaît qu’il y a une envolée du champ lexical web : « “Geek” est
entré dans le langage courant et il est normal que des mots comme “googler” le
soit aussi. La société évolue, il faut suivre le mouvement »,
souligne-t-il. Parmi les nouveaux termes, d’autres sont encore au stade de
laboratoire comme la « télévision
connectée » — Internet
intégré dans une télé. Selon Alain Rey, ces appellations ne sont que « la partie
émergée de l’iceberg ». Avant
d’ajouter :« Il y a une révolution qui va au-delà de la technique
informatique, c’est aussi une révolution des usages, des manières de
penser. »
Hashtag,
Mot-dièse et Astérix
Une révolution qui n’a pas enterrée la hache de guerre
entre l’anglais et le français. Le Larousse a opté pour « hashtag »
mais rappelle tout de même que c’est son pendant frenchy « mot-dièse » qui est
officiellement recommandé. Histoire de ne pas
froisser l’éminente Académie française. Pour Alain Rey, il faudrait carrément
utiliser « astérix », celui qui résiste à l’envahisseur. « C’est comme
les “followers” sur Twitter, c’est un terme problématique. Il y a bien
“suiveurs” mais la connotation est péjorative. Choisir le terme anglais relève
d’une paresse absolue. Plus personne ne dit “window” pour parler de
fenêtre ».
Faudrait-il organiser une « cyberdéfense »
de la langue française ? Carine Girac-Marinier, directrice du département
Dictionnaires et encyclopédies chez Larousse, explique à l’AFP que le français
est toujours privilégié :« Nous essayons d’éviter les anglicismes,
mais quand nous constatons un grand nombre d’occurrences et qu’il n’y a pas
d’équivalent en français, nous les acceptons ». Molière ou
Shakespeare, les nouvelles technologies et leurs adeptes s’en fichent. Seule la
tendance dicte sa loi.
Des twittos dans le dico
Avec plus d’un milliard d’usagers, Facebook est quant
à elle l’interface la plus polyglotte. Son fondateur, Mark Zuckerberg, vient
lui aussi de faire son entrée au Petit Larousse, rubrique noms propres. Soit
plus plus de huit ans après le lancement du réseau social. Le blogueur Erwann
Gaucher, spécialiste des médias, explique à Libération que les nouveaux
arrivants sont le reflet d’une prise de conscience 2.0 chez les faiseurs de
dictionnaires : « Ce
choix est intéressant. Mark Zuckerberg entre dans le dictionnaire en même temps
que le mot hashtag qui est pourtant beaucoup plus récent. Tout ce qui provient
de Twitter est plus rapidement accepté, en fin de compte. Ça signifie qu’il y a
une accélération des pratiques numériques et surtout qu’on reconnaît que ces
nouveaux usages sont inscrits dans notre quotidien. »
Et s’il y a du hashtag dans l’air, ce n’est pas pour
déplaire à Bernard Pivot, ex-présentateur de l’émission Apostrophes.
Son nom figure désormais dans les petits papiers du Larousse. Cet artisan des
mots, jongleur de vocable, chevalier d’éloquence a lui aussi succombé à la logorrhée du
tweet.
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